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Historique de la Chapellenie

1778...

Voici trois ans que Louis XVI gouverne la France. Roi à vingt-deux ans, vertueux et pieux, il est chanté par son peuple. La justice, le bien et le soulagement de son peuple lui tiennent en effet à cœur :
« Nous possédons Louis seizième
Nous avons le vrai louis d’or… »
Quand on se sent aimé, quoi de plus naturel que de rendre cet amour en retour ? Et la venue tant attendue du jeune monarque ce 21 octobre 1778 le prouve.

Premiers projets...

Le projet d’une chapelle au port de Marly avait vu le jour depuis longtemps ! Hélas, le dauphin Louis, fils de Louis XV, mourut prématurément en 1765. Chef du « parti dévot », le dauphin désapprouvait les mœurs de la cour et celles de son père. Il vivait en solitaire, se livrant à l’étude et cherchant à plaire à Dieu par une vie pieuse. Au cours de ses chasses, il avait jeté les yeux sur le petit village qui s’étendait aux pieds de Marly. Le peuple qui l’habitait vivait des revenus du port, et n’avait pas le courage de monter jusqu’à l’église de la colline. Le dauphin avait donc projeté de subvenir aux besoins spirituels de ces hommes en construisant une chapelle près du port. Peut-être Louis XV, malgré les difficultés extérieures que le royaume connaissait alors, s’intéressa-t-il lui aussi à l’œuvre charitable de son fils. Sa mort en 1774 laissa l’idée en suspens.

Pourtant les habitants auraient bien besoin qu’on s’occupe de leurs âmes ! Les mariniers et les commerçants venus de partout, qui fréquentent les villes voisines, ont introduit ici le désintérêt religieux et l’émancipation des mœurs déguisée sous l’idée de liberté, si chère à ce siècle. On n’hésite pas à faire la route de Versailles pour des impératifs commerciaux, mais le chemin de l’église, qui ne compte pourtant que trois quarts de lieue (3 km), semble bien oublié, comme celui de l’école voisine, au point que l’ignorance et le vice des habitants du port semblent bien connus de toute la région. Catherine de Brédevent, comtesse de Varneville, veuve de Jean Alexandre du Tot, maréchal de Camp et Armées du Roi, qui avait acquis en 1772 le domaine de Prunay, séduite par le bel aspect du manoir sur les bords de la Seine, avait pourtant travaillé à « faire revivre la religion et la vertu ». Le précédent propriétaire avait fait construire un vaste bâtiment, près du château, qui comprenait une chapelle capable d’accueillir tous les villageois. La comtesse de Varneville demanda dès 1773 à l’archevêque de Paris, Monseigneur de Beaumont, l’autorisation d’y faire célébrer pour eux le Messe les fêtes et les dimanches, et d’y conserver le Saint-Sacrement. Elle donnait elle-même aux gens du port les premiers éléments de l’instruction chrétienne et profane. Puis elle usa des appuis qu’elle possédait encore à la Cour, surtout auprès des Noailles qui avaient la faveur du Roi, pour faire aboutir le projet du dauphin.

La construction

Louis XVI reçut avec bienveillance les sollicitations de Catherine, voulant réaliser les intentions de son père dans un esprit de piété filial. Il adjoignit à l’église, assumant toute la charge de la construction sur sa cassette personnelle, un presbytère et une maison pour le maître d’école. L’ensemble s’élèvera sur les terrains que la comtesse de Varneville donna à cette occasion, le long de la route qui mène de Saint-Germain à Versailles. Le cimetière, faute de place, sera aménagé en face, de l’autre côté du « Grand chemin », près de la « maison d’en-haut ». Le grand jour de la pose de la première pierre arrive enfin ; le roi est accompagné de ses deux frères, le comte de Provence et le comte d’Artois, qui gouverneront la France sous les noms de Louis XVIII et de Charles X. Frappée à l’effigie de Louis XVI, une médaille commémore ce grand jour :
PIETAS REGIA AEDE AD MARLIACUM PORTUM STRUTA ANNO MDCCLXXVIII.
« La piété du roi a construit ce temple [cette chapelle] au port de Marly en l’année 1778. »

Deux ans seront nécessaires pour achever les travaux. A l’automne 1780, les habitants du port possèdent désormais leur chapelle avec son presbytère, une école et un cimetière. Le vicaire Raphaël Sauvay, de Marly, est chargé de la desservir.


A suivre...

 

Un paroissien a relevé le passage suivant dans un ouvrage intitulé
LE PATRIMOINE DES COMMUNES DES YVELINES (éditions Flohic) :

« EGLISE SAINT LOUIS
Fin du XVIIIe siècle

Architecte : Etienne-François Legrand

Calcaire

Parfait exemple d’architecture religieuse néo-classique, dans le cadre du renouveau de l’art sacré à la fin de l’Ancien Régime, cette église est à l’origine une idée du dauphin, fils de Louis XV, mort en 1765. Louis XVI reprend ce projet quelques années plus tard en y incorporant, préoccupation royale remarquable pour l’époque, une maison d’école qui sera utilisée pendant plus d’un siècle.

Le porche central est flanqué de deux colonnes portant un fronton surmonté d’une arcade en plein cintre inscrite dans un rectangle. Une colonnade relie le bâtiment à deux pavillons à fronton arrondi abritant le presbytère d’un côté et l’école de l’autre. Etienne-François Legrand rejoint ainsi les partis architecturaux de l’époque adoptés par Trouard, Mique et Ledoux et, par delà, Palladio.

Les quatre évangélistes en plâtre de la nef sont offerts par Mme Du Barry et le Christ en croix offert par Louis XVI provient du château de Marly.

Dans la chapelle des fonts, une Vierge à l’Enfant en bois date du XVIIe siècle. »

 A noter : la statue de la Vierge, en réalité, n’est pas en bois mais en pierre. Et depuis la rédaction de l'ouvrage cité, elle a été déplacée des fonts baptismaux dans le chœur.